PARAGRAPHE 1 FIN

« La petite Josette Trichet, âgée de sept ans, vient de diriger avec aisance et autorité la Marche du Prophète de Meyerbeer et l’Ouverture du Comte d’Egmont de Beethoven… ».
            L’article élogieux devient subitement critique.
            « Rossini avait quelque peu raison : il est des précocités gênantes, agaçantes et même effrayantes… Pour ma part, quand j’entends un de ces jeunes phénomènes, je ne goûte aucun plaisir ; au contraire, je ressens une sorte de souffrance mêlée de pitié. Je pense à l’existence du malheureux marmot qui, en fait de jeu, ne joue guère que du violon et du piano et je me dis que pour un Mozart ou un Saint-Saëns qui ont tenu après avoir promis, la plupart de ces petits surchauffés finissent, et souvent de bonne heure, dans la médiocrité… ».
            À la lecture de cet article, Léonie décide d’arracher « Sa » Josette à l’emprise de son mari. Elle refuse l’exhibition de son enfant comme une poupée à musique mécanique dans les salles de concerts. En 1928, elle s’enfuit avec sa fille du domicile conjugal de Paris pour rejoindre à La Baule, en Bretagne, le jeune artiste peintre Émile Guillaume, le Montparnassien. Léonie attendra jusqu’à la disparition de son mari Trichet, au début des années cinquante, pour se remarier avec Émile.


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Mathius le suréviste